Édito
La peur au ventre : une drogue dure et molle pire que tout.
Circule actuellement en toute impunité dans nos villes et villages un cocktail de drogues dures et molles ravageur . Pire que l’arrêt cardiaque, il provoque une destruction progressive des facultés d’entendement et résistance de chacun. Pêle mêle on y trouve les ingrédients suivants : crise économique, fermetures d’entreprises, chômage , précarité , menace de l’un et de l’autre, les émeutes de banlieue, la droite très de droite mais quand même gauche moderne, la gauche un peu à gauche mais aussi un peu à droite, le pessimisme éclairé des médias , les groupes du cac 40, les idéologues intellectuels aux ordres, et aussi malheureusement la fatigue, l’énorme fatigue des classes populaires épuisées et cabossées… Ce cocktail ravageur a un nom, il s’appelle : la peur au ventre.
C’est une politique, une volonté d’asservissement et c’est aussi contre elle que nous faisons un Magazine vivant. Nous affirmons notre rage de vivre notre appétit, notre envie de danser, de rire….libres. Avec Mardi ça fait désordre nous voulons aussi afficher notre refus des anathèmes, des chasses gardées. Les gens intelligents, nos amis, liraient Bourdieu, Deleuze, Foucault, les autres regarderaient la star’ac, au théâtre ce soir et les matchs de foot sur TF1.
Nous pensons plutôt que personne n’est à l’abris de connerie et que c’est seulement, en ouvrant, en confrontant que l’on a une petite chance d’y échapper. Ceux qui sont fiers d’appartenir à une tribu, le sont d’autant plus qu’ils en excluent les soi-disant imbéciles, …exclure l’autre est mortifère.
Nous sommes minuscules, mais nous avons appris que si on ne commence pas à mettre en pratique ce à quoi on croit , ici, maintenant, on ne fait rien. Nous sommes là pour découvrir, faire grandir le possible. Le 10ème arrondissement avec la scène du canal est notre point d’enracinement, c’est à partir de là que nous ouvrons à chacun où qu’il soit la possibilité en allant sur notre blog, de préparer avec nous, critiquer le magazine vivant. Ce magazine est original mais s’il nous a été inspiré par l’envie, il l’a été également par d’illustres prédécesseurs :Cabaret Voltaire le cabaret politique dadaiste, l’assiette anglaise de Bernard Rapp et l’autre journal de Michel Butel . Merci à eux. Comme eux, nous aimerions être contagieux, nous répandre comme une sale maladie comme une envie de vivre debout . Nous voudrions être une plaisanterie , pour le plaisir et pour rire…

Je voulais vous remercier de cette initiative, et dire aussi à quel point le papier sur l’habitant de l’angle de la rue St Martin et du boulevard St Denis m’a touché. Cet homme avait accroché mon regard et mon âme quand il était encore à l’angle du boulevard de strasbourg et de la rue du château d’eau. Sa résistance, son impassibilité, sa dignité. J’ai voulu écrire quelque chose et puis cela s’est perdu comme des milliers de secondes et minutes.
Voilà trois ans que je suis parti de Paris, mais le 10ème reste un petit coin de planète qui me touche, que j’affectionne et qui est chez moi. Sa folie, son désordre, ses histoires emmêlées, sa diversité, ses ruelles.
Vous devriez faire des entretiens-narrations avec quelques habitants. Il y a de ces histoires incroyables.
merci
Je suis bien d’accord avec la folie, le désordre, les histoires emmêlées. Je n’ai pas fini de donner des petits coups de projecteur sur des trucs étonnants, j’en vois tous les jours. Je trouve que c’est un coin de Paris qui préfigure assez ce que peut être le monde de demain, dans sa vitalité, son intensité, son mouvement, et la cohabitation (facile ou pas) de tous ces gens si différents par leur statut social, leur nationalité d’origine, leurs moyens financiers, leur façon de concevoir la vie. C’est bien le 10° arrondissement de la planète !
A bientôt si vous repassez par le quartier.
Dominique