Pourquoi un magazine vivant ?
Précisément parce que nous aimons la vie, les rencontres, les idées, parce que nous aimons être bouleversés, titillés, bousculés, parce nous croyons qu’il est impossible d’être soi-même sans que l’autre vienne nous perturber, parce que nous refusons de nous laisser abattre, nous refusons de nous engouffrer dans le précipice d’une inhumanité en forme de destin.Ce magazine vivant, critique et poétique sera notre lieu commun, ouvert, sensible, sensuel, sensé, insensé, parfois grossier, jamais vulgaire. Imaginons que les idées ont un visage, une peau et sans doute un parfum.
Une double volonté :
Critique
Le réel est une construction. Comprendre comment cela fonctionne et pourquoi, permet de se redonner un peu de liberté, car ce que nous vivons est une version du réel. A nous dinventer celle qui nous convient.
Poétique
La critique aussi juste soit-elle doit pour être efficace, être entendue. La situation actuelle qui est plus grave nous fait craindre que nous ayons les oreilles bouchées.
Manipulations, matraquage, fatigue, désespoir y contribuent avec force. Tout ce qui est du domaine du sensible, au-delà du plaisir immédiat de la poésie, contribue à nous rendre plus présents à nous même et aux autres. La poésie nous redonne des yeux et des oreilles.
Elle casse les codes sociaux et leur aptitude à exclure. Prendre du bon temps, du plaisir goûter l’harmonie de l’instant à plusieurs est l’une de nos ambitions.
Un enracinement dans un quartier
L’enracinement local peut rendre aveugle, mais il offre aussi des possibilités de rebond. C’est en étant situé ici que l’on peut tracer un chemin. Etre ici, c’est aussi voyager à travers des visages, des états d’âme, des contraintes, c’est aussi se donner les moyens d’ouvrir sur le reste du monde
Une ouverture sur le monde
Plutôt que de sommer chacun de choisir son camp il nous semble plus positif d’organiser de belles rencontres entre virtuel et réel. L’expérience pour nous est neuve. Elle nous permettra d’échanger avec les correspondants que nous trouverons petit à petit dans les différents pays.
Pourquoi le Blog ?
Mardi se tient à l’espace Jemmapes dans le 10ème, le blog aura lui, la planète comme champ d’investigation. Sur un plan pratique le blog permet au magazine d’être encore plus vivant, plus discuté, mieux préparé, partagé,prolongé. L’enjeu n’est pas mince. Il s’agit ni plus ni moins de mettre en interaction le vivant et le virtuel. Nous ne résisterons pas à la déshumanisation en cours en bâtissant un camp retranché.
Ça commence un Lundi en 1995…
Les Etoiles rue du Château d’eau accueillent « Lundi ça fait désordre » Dimous Goudaroulis, Hamed Bouzzine, Fabrice Pernol, Michel Dréano, Natacha Nisic, Christophe Marchand Kis, Dominique Bouchard font partie de l’équipe. Dans son inspiration, le magazine doit beaucoup au Cabaret Voltaire, à l’assiette Anglaise de Bernard Rapp et à l’Autre journal. Il n’aime pas les tribus, les beni- oui- oui et encore moins les doctes et les tristes. Le public est fidèle . A fil des années l’entreprise qui justement n’en est pas une, a de plus en de mal à assurer une périodicité. Les membres d l’équipe ,comme d’autres doivent impérativement faire face à des impératifs économiques. Le magazine s’arrête en 1999.
Ça continue un Mardi en 2009…
On ne peut pas dire que la situation économique et politique soit plus brillante. Bien au contraire La dérégulation financière mène le bal, les idées de droite progressent ainsi qu’une certaine forme de résignation. Un travail idéologique des plus puissant tend à nous faire croire que le chemin emprunté n’est pas parfait , mais pire qu’il n’y en a pas d’autre. L’imposante machine de guerre à fabriquer « du même » veut tout écraser sur son passage. Alors ? Alors nous ne pouvons pas faire autrement que dire non. Nous ne pouvons que démontrer que la vie rime avec possible, avec luttes, avec respect, diversité et pourquoi pas générosité. Mais pour résister à une énorme machine de guerre , une machine à écraser les masses nous nous devons d’inventer. Nous devons être subversifs, contagieux.